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Pourquoi toujours la même chose ?
La vie aussi, celle où l’on retrouve les souvenirs d’enfance, avec les ordres, les slogans des parents, ses réactions (peur, joie, colère, tristesse), ses décisions (« ils seront bien punis quand je serai mort ! », par exemple). Car c’est comme ça, et pas autrement, qu’on retrouve son démon dans son quotidien, qu’on le voie, et qu’on s’aperçoit que ce tyran meurtrier est en réalité un bébé sacrifié. Je dirais qu’il redevient un simple bébé sans défense après avoir décortiqué sa haine, sa violence … si on se laisse abuser par le démon qui se cache derrière cette apparence, rien ne change et tout recommence. Et c’est toujours « la même chose », dictée « par un destin supérieur ». En réalité c’est un choix de vie, et un travail quasi archéologique.

 

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Le scénario : c’est par définition un plan de vie programmé, incontournable, qu’on ne peut infléchir. Il peut être heureux ou malheureux, bien finir ou mal finir. Pour un jeune enfant, les parents apparaissent tout puissant et / ou terrifiants : ils sont 3 fois plus grands et 10 fois plus gros. Ce sont des géants, des ogres, des dragons, … tout personnage irréel et tout puissant. Tout puissant car un enfant ne peut pas, par lui-même, s’y dérober. Ce plan de vie tracé semble toujours « immanent », car il a été mis en place chez le bébé, par des personnes qui sont encore pour lui « magiques » et toutes puissantes. Adulte, on retrouve cette sensation face au cosmos, aux océans, bref tout ce qui nous dépasse et nous écrase, au-delà de la taille humaine (face à quoi on est « personne » = Nemo). On ressent alors que le « destin » vient du « cosmos », traduction du plan de vie qui vient des parents. Le ressenti est exactement le même ! Et en plus, ça permet de maintenir un choix archaïque avec de « bonnes excuses », des justifications partagées par la plupart des gens.

 

Les préceptes parentaux : Ne pouvant échapper aux injonctions, c’est à dire aux ordres parentaux, tout enfant va s’y conformer pour leur plaire, pour être aimé. Ces ordres résonnent ensuite, pour la vie entière, dans la tête de l’enfant. Il peut alors soit continuer à les suivre, soit s’en libérer (thérapie). Ce sont ces ordres qui font le destin personnel. Ils sont le plus souvent « tout bête » mais, répétés jour après jour, ils deviennent fondamentaux, comme une ligne de fond qui permet à l’enfant de tracer son plan de vie, son destin. Par exemple, « arrête de gémir !» signifie le plus souvent « tu peux crever !», « tu es trop petit pour fumer !» signifie « quand tu devras prouver que tu es grand, fume ! », etc. Car les parents sont aussi des enfants, qui ont grandi et eu des enfants, mais ils sont toujours des enfants. Un enfant peut être un « ange » ou un « démon » ; les parents transmettent l’ange ou le démon qu’ils ont été. Quand c’est le démon qui est transmis, le démon du parent devient le démon de l’enfant. (Voilà d’ailleurs comment se transmettent les mêmes choses, et que l’on peut retrouver, chez un bébé coupé de sa famille, les secrets de la 3ème génération !). Le problème thérapeutique est de retrouver son propre démon (car c’est lui le personnage qui anime le scénario), et les slogans sur lesquels il a bâti ce destin. Par exemple, qui n’a jamais entendu résonner dans son crâne « arrête de pleurer !», « Tais-toi !», « mange ta soupe ! », etc. Ce sont les slogans, c’est à dire ces ordres parentaux qui reviennent sans cesse, qu’il faut réentendre en nous, en conscience, pour pouvoir s’en libérer.

 

Se libérer : seule la personne elle-même peut le faire, si elle le veut. Si elle ne le veut pas, il n’y a rien à faire. Se libérer de ce destin où l’on est perdant, toujours de la même façon, c’est retrouver le scénario que l’on a construit, petit enfant, et d’après lequel on mène notre vie, c’est à dire nos relations aux autres. Qu’est-ce qui est programmé, et qui se déclenche, se déroule et se termine « tout seul », « sans qu’on le voie » ? Son propre scénario, que la plupart des gens appellent destin pour le mettre à distance, pour ne pas le voir, pour qu’il puisse se dérouler sans entrave, parce que le démon en nous veut le voir arriver. Il y a un choix de vie à faire pour redécider son scénario, mais les vœux pieux, bonnes résolutions et autres attitudes d’enfant sage sont, évidemment, inefficaces. Il faut retrouver le sens de son scénario, à travers nos mises en place quotidiennes.


Comment faire pour s’en libérer ? D’abord en observant nos attitudes dans nos relations. Qu’est-ce qui revient toujours, sans cesse ? « ça ne peut jamais bien se passer » avec les autres, parce qu’un tout petit enfant a décidé, avant ses 3 ans, que ça ne se passerait jamais bien avec les autres. Parce que c’est ce que ses parents ont exigé de lui, « que ça ne se passe jamais bien avec son père ou sa mère », et que pour être aimé par eux, il obéit. Bien sûr que ça fait mal d’être rejeté par ses parents, mais c’est ce qu’il met en place pour être aimé. Alors après un rejet il retourne vers eux. Mais c’est maintenant ses parents qui le rejettent ! et là, tout devient absurde, désespéré, c’est le néant. Comment pourrait-il en être autrement ? Le but final de ce scénario est la mort, réelle (suicide, accident, maladie …) ou symbolique (folie, délinquance, perte amoureuse, retrait …) car c’est un désespoir insupportable à force de « jouer » ce scénario, « condamné par le destin » à rester seul. Tout le problème est que chaque personne va tisser des relations avec d’autres personnes qui pourront tenir un rôle dans son propre scénario, ce que l’on appelle alors des jeux (Par exemple, rejeter l’autre et subir sans broncher sa colère pour se punir, où chacun donne raison au scénario de l’autre, est un jeu appelé « donnez-moi des coups de pieds »), et dont les réponses vont valider le scénario. Comme ça oui, « il n’y a pas d’amour », « il n’y a pas d’honnêteté », etc. ça devient une « fatalité » qui donnera raison au système mortifére le jour du dernier acte. En réalité, ce jour-là comme les autres jours ce sera la voix du parent, devenue voix du démon qui jubilera « crève ! ». Fin de la représentation.


La mort délivre, certes.


La vie aussi, celle où l’on retrouve les souvenirs d’enfance, avec les ordres, les slogans des parents, ses réactions (peur, joie, colère, tristesse), ses décisions (« ils seront bien punis quand je serai mort ! », par exemple). Car c’est comme ça, et pas autrement, qu’on retrouve son démon dans son quotidien, qu’on le voie, et qu’on s’aperçoit que ce tyran meurtrier est en réalité un bébé sacrifié. Je dirais qu’il redevient un simple bébé sans défense après avoir décortiqué sa haine, sa violence … si on se laisse abuser par le démon qui se cache derrière cette apparence, rien ne change et tout recommence. Et c’est toujours « la même chose », dictée « par un destin supérieur ». En réalité c’est un choix de vie, et un travail quasi archéologique.


Alors, pourquoi toujours la même chose ?

 


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